Début 2025, New Balance a sorti la neuvième version de sa Hierro, modèle phare de la marque en trail. Ce n'est pas une simple mise à jour cosmétique : c'est une refonte profonde, presque une rupture avec les versions précédentes. La V8 avait ses fans. La V9 va en faire d'autres... et en perdre quelques-uns au passage. Voici ce qu'il faut vraiment savoir avant d'investir 160 euros dans cette paire.
Fiche technique et profil de la Hierro 9 en bref
Avant d'entrer dans le vif du sujet, voici les caractéristiques essentielles de cette chaussure. Le stack talon atteint 37 mm, ce qui représente une hausse d'environ 6 mm par rapport à la V8. Le drop, lui, descend à 4 mm (contre 6 mm auparavant). Paradoxal ? Oui, un peu. Mais cohérent avec l'ambition du modèle : économiser les jambes sur la durée.
| Caractéristique | Homme | Femme |
|---|---|---|
| Prix | 160 € | 160 € |
| Poids | 294 g | 236 g |
| Drop | 4 mm | 4 mm |
| Hauteur talon | 37 mm | 37 mm |
| Fit | Standard (option Large) | Standard (option Large) |
La catégorie visée ? Les ultras et les longues distances, clairement. Sentiers peu à moyennement techniques, sols compacts comme meubles. Ce modèle s'adresse aux pieds fins et standards, aux gabarits intermédiaires à lourds, et aux rythmes lents à très lents. Un conseil notable : prenez une demi-pointure au-dessus de votre taille habituelle.
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Soutien plantaire et économie musculaire sur la durée | Instabilité sur terrain accidenté |
| Qualités de maintien de l'empeigne | Respirabilité de la tige en retrait |
| Accroche améliorée, surtout par temps humide | Perte d'agilité notable par rapport à la V8 |
| Nombreux filtres terrain dans le midsole | Moins adaptée à la montagne et aux sentiers techniques |
| Rapport qualité-prix compétitif face aux modèles ultra | — |

Midsole à double densité : ce que ça change vraiment sur le terrain
C'est là que tout se joue. New Balance a opté pour une semelle intermédiaire bi-couche, une architecture qu'on retrouve aussi sur des modèles comme la Hoka Mafate Speed 4 ou la Salomon S/Lab Ultra Glide. La couche inférieure du Fresh Foam X est relativement ferme, pensée pour la stabilité et le dynamisme. La couche supérieure, plus légère et plus souple, amortit immédiatement sous la voûte plantaire.
Le Fresh Foam X n'est pas nouveau chez New Balance. La marque l'utilise déjà sur la More Trail V3 et la Garoé V2, deux chaussures orientées longue distance. Sur la Hierro 9, ce composé EVA contribue largement dans la promesse d'économie musculaire que la marque revendique. Et franchement, ça se ressent : après plusieurs heures de course, la cheville et le tendon d'Achille restent mieux préservés qu'avec des modèles plus classiques.
La base de semelle a également été élargie, aussi bien au talon qu'à l'avant-pied. L'emprise au sol progresse sensiblement, ce qui compense en partie la hauteur de stack. Le rocker avant, déjà présent sur la V8, a été conservé : il favorise des transitions fluides, particulièrement appréciables en fin de course quand les quadriceps commencent à accuser le coup.
Mais soyons honnêtes : le caractère ultra-moelleux des anciennes Hierro a disparu. Les aficionados du coussin soyeux des versions précédentes vont trouver la V9 nettement plus neutre, presque austère sous le pied. Ce n'est pas un défaut en soi, c'est un choix assumé. La chaussure cible maintenant les coureurs qui privilégient la durabilité des sensations sur 80 à 100 miles plutôt que le plaisir immédiat au premier kilomètre.
Autre point à garder en tête : le poids réel en taille 42 dépasse les 300 grammes, alors que New Balance annonce 292 g. Ce n'est pas dramatique pour un modèle ultra, mais ça confirme que la Hierro 9 n'est vraiment pas pensée pour courir vite. Les rythmes intermédiaires, la Hierro 8 les acceptait encore. La V9, non.
- Couche inférieure ferme pour la stabilité latérale et le dynamisme
- Couche supérieure légère pour l'amorti direct sous la voûte plantaire
- Base élargie au talon et à l'avant-pied pour plus de surface d'appui
- Rocker avant conservé pour des transitions naturelles


Semelle externe Vibram Megagrip : un vrai bond en avant pour l'accroche
Exit l'Ecostep Natural de la V8, place au Vibram Megagrip, l'une des références absolues en matière de grip dans l'univers du trail. New Balance a opté pour la version classique, sans technologie Litebase. Les crampons gagnent en hauteur : 4,5 mm contre 4 mm sur la version précédente. Ils intègrent aussi la technologie Traction Lug, des micro-aspérités conçues pour mordre dans les surfaces humides.
Sur le terrain, le progrès est indéniable. Les Hierro 9 s'en sortent aussi bien sur le dur que sur le meuble : pistes tassées, caillasses, sentiers terreux ou sablonneux. Mais c'est sur sol détrempé que la différence est la plus frappante. Racines mouillées, rochers glissants, boue dense : la chaussure accroche là où la V8 dérapait. On n'atteint pas le niveau d'une Salomon S/Lab Ultra Glide sur ces terrains-là, mais on s'en approche.
Un creux central a été intégré dans la semelle externe pour faciliter l'expulsion de la terre. Résultat concret : la boue compacte colle moins sous le pied, surtout dans les descentes où la combinaison base large plus crampons de 4,5 mm offre une adhérence rassurante. Pour ceux qui courent régulièrement en sous-bois ou en conditions hivernales, c'est clairement l'un des meilleurs arguments de cette chaussure.
Le revers de la médaille ? La largeur accrue du gabarit et la hauteur de stack rendent la pose de pied moins précise sur terrain accidenté. La chaussure a tendance à « tourner » quand le pied atterrit sur une racine ou un caillou isolé. Ce comportement n'est pas propre à la Hierro 9 : la Hoka Mafate Speed 4, l'Asics Trabuco Max 4 ou la Salomon Ultra Glide 3 partagent ce travers. C'est le prix à payer pour un midsole maximaliste bi-densité. Mais sur des sentiers de montagne très techniques, cette instabilité peut devenir un vrai problème.
Pour les sorties en montagne, il faut donc rester sur des chemins larges et globalement réguliers. Les habitués du modèle qui l'utilisaient pour des courses alpines engagées risquent de déchanterr. La Hierro 9, c'est la plaine, le vallonné, les sous-bois : elle y excelle. Le terrain ultra-accidenté, c'est une autre paire de chaussures.
- Crampons de 4,5 mm avec technologie Traction Lug pour l'adhérence par temps humide
- Creux central pour l'évacuation utile des débris et de la boue
- Vibram Megagrip classique (sans Litebase), version la plus robuste
- Base de semelle élargie pour une meilleure emprise en descente

Empeigne restructurée : bien maintenu, mais on respire moins
La tige de la V8 avait mauvaise réputation, et pour cause : elle se déchirait facilement et la languette partait dans tous les sens. New Balance a tout repris à zéro, ou presque. Le mesh est désormais à maille dense et doublé de renforts sur toute la surface. La coque talon a gagné en rigidité, le pare-pierres s'étend plus loin sur les côtés, et les logos latéraux apportent un châssis supplémentaire au niveau du médio-pied.
Le résultat est sans appel : le pied est beaucoup mieux maintenu, notamment à l'arrière de la chaussure. Le talon ne part plus latéralement à la moindre irrégularité. La languette, épaissie et mieux ancrée, ne bouge plus pendant l'effort. Pour quelqu'un qui a couru avec la V8, c'est une transformation radicale. On passe d'une tige fragile à un vrai cocon structuré.
Ceux qui apprécient la sensation d'avoir les pieds « enveloppés » seront aux anges. En revanche, si vous préférez une tige légère et aérée, passez votre chemin. Le traitement déperlant appliqué à l'empeigne réduit sa respirabilité de façon notable. Ce traitement protège des éclaboussures et d'une pluie fine, mais il ne remplace pas une membrane imperméable type Gore-Tex : par temps vraiment hostile ou après plusieurs passages à gué, les pieds se retrouvent trempés. L'humidité met aussi du temps à s'évacuer, ce qui peut devenir inconfortable sur les très longues sorties.
- Durabilité de l'empeigne : après 90 km d'utilisation, quelques traces superficielles d'usure ont été observées, mais aucun début de déchirure. Le mesh résiste clairement mieux que celui de la V8.
- Fit : le chaussant est standard, légèrement plus serré que sur la génération précédente. La coque talon laisse peu d'espace à l'arrière du pied, et la toe box manque de hauteur. Les pieds larges ou forts trouveront leur bonheur dans la version Wide.




Comparatif : la Hierro 9 face à ses concurrentes directes
À 160 euros, la Hierro 9 se positionne nettement en dessous de la plupart des chaussures ultra du marché. C'est un argument fort. Voici comment elle se situe face à trois rivales dans la même catégorie.
| Modèle | Prix indicatif | Points distinctifs | Terrain privilégié |
|---|---|---|---|
| New Balance Hierro 9 | 160 € | Accroche humide, économie musculaire, tarif compétitif | Roulant à modérément technique |
| Salomon S/Lab Ultra Glide | ~200 € | Grip unique, agilité supérieure | Polyvalent, montagne accessible |
| Hoka Mafate Speed 4 | ~180 € | Amorti maximaliste, confort longue durée | Roulant, peu technique |
| Asics Trabuco Max 4 | ~170 € | Stack élevé, transitions fluides | Roulant à vallonné |
Franchement, pour une première paire d'ultra ou pour un budget serré, la Hierro 9 est difficile à battre. La Salomon S/Lab Ultra Glide fait mieux en terrain varié, mais elle coûte 40 euros de plus et s'adresse à un profil plus technique. La Hoka Mafate Speed 4 propose un amorti similaire mais reste encore moins agile. La Hierro 9 occupe une niche cohérente : ultra accessible, efficace sur les terrains roulants, solide dans l'humidité.
Pour qui la Hierro 9 est-elle vraiment faite ?
80 à 100 km de course, rythme lent, sous-bois détrempés en automne, ou 100 miles mythiques en fin de saison : voilà le terrain de chasse naturel de la Hierro 9. Elle convient aussi très bien aux sorties d'endurance fondamentale à l'entraînement, celles où on cherche à récupérer les jambes plutôt qu'à performer.
Les coureurs aux gabarits lourds trouveront ici une alliée précieuse. L'architecture bi-densité absorbe bien les chocs répétés, et la largeur de la semelle compense la tendance naturelle à affaisser le midsole sous un poids important. Pour les athlètes légers qui cherchent de la réactivité, c'est clairement le mauvais choix.
- Coureurs d'ultras débutants cherchant une chaussure confortable et abordable
- Gabarits lourds ou intermédiaires pour qui l'économie musculaire est prioritaire
- Adeptes des sorties longues en endurance fondamentale sur sentiers roulants
- Traileurs évoluant fréquemment par temps humide ou en sous-bois
En revanche, si vous courez régulièrement en haute montagne sur des sentiers rocheux et engagés, ou si vous appréciez pouvoir alterner entre rythmes lents et passages rapides, la Hierro 9 ne vous satisfera pas. La perte d'agilité est réelle, et le comportement parfois instable sur caillou isolé peut devenir agaçant, voire risqué, sur des sorties techniques.


Un détail qui mérite votre attention avant d'acheter
Le traitement déperlant de l'empeigne mérite qu'on s'y attarde. Il ne s'agit pas d'une membrane imperméable : ce point est fréquemment mal compris par les acheteurs. Par temps de pluie légère ou de rosée matinale, les pieds restent secs. Mais une heure dans des sentiers boueux avec passages de ruisseau, et la tige est gorgée d'eau. Pire : l'humidité met du temps à s'évacuer, car la maille dense de la tige fait barrage dans les deux sens.
Si vous cherchez une protection imperméable digne de ce nom pour vos sorties hivernales, renseignez-vous sur les critères qui distinguent vraiment une chaussure imperméable d'un simple traitement hydrofuge avant de trancher. Ce n'est pas un défaut rédhibitoire pour la Hierro 9, mais c'est un point à intégrer dans votre décision d'achat selon votre contexte de pratique.
La Hierro 9 s'impose comme une évolution cohérente et bien construite, qui corrige franchement les lacunes de la V8 tout en assumant un repositionnement clair vers les longues distances. À 160 euros, avec du Vibram Megagrip sous les pieds et un midsole bi-couche, elle propose un rapport prestation-prix difficile à trouver ailleurs dans cette catégorie. Elle n'est pas parfaite, loin de là. Mais pour ce qu'elle prétend faire, elle le fait bien.
// Auteur
CecileCecile est coach sportive et préparatrice physique dans la trentaine, spécialisée en musculation, renforcement et cours collectifs (HIIT, biking). Elle accompagne ses clients avec des programmes personnalisés et des conseils de nutrition sportive pour optimiser performance et récupération.
Son approche est motivante et pédagogique : toujours en tenue de sport et le sourire dynamique, elle rend l'effort accessible et durable. Suivez ses conseils pour progresser en confiance et atteindre vos objectifs.