Sortie avant l'été 2024, la Nike Pegasus Trail 5 représente la cinquième itération d'un modèle qui fait le grand écart entre route et sentiers. Pesant 275 g pour les hommes et 251 g pour les femmes, avec un drop de 9,5 mm et un stack talon de 33,5 mm, elle s'adresse clairement à un public bien précis. Moins médiatique que la Zegama 2 ou l'Ultrafly, elle mérite pourtant qu'on s'y attarde sérieusement.
Fiche technique et profil de la Nike Pegasus Trail 5
Avant de plonger dans les sensations, voici les caractéristiques essentielles du modèle, disponible à 140 euros en versions homme et femme :
| Caractéristique | Homme | Femme |
|---|---|---|
| Prix | 140 € | 140 € |
| Poids | 275 g | 251 g |
| Drop | 9,5 mm | 9,5 mm |
| Stack talon | 33,5 mm | 33,5 mm |
| Version Gore-Tex | Oui | Oui |
| Fit | Standard | Standard |
Le positionnement du modèle est limpide : parcours roulants, du bitume aux sentiers moyennement techniques, sur des distances moyennes à longues. Les coureurs légers à intermédiaires, qui trottent à des allures tranquilles ou modérées, trouveront ici leur compte. Les pieds très fins ou très larges, en revanche, passeront leur chemin.
Points forts et points faibles, sans détour :
- Mousse ReactX de qualité et sensation de coussin moelleux sous le pied
- Polyvalence terrain couvrant l'asphalte urbain jusqu'aux chemins montagneux peu techniques
- Maintien homogène du pied grâce à la coque talonnière enveloppante et à la technologie Flywire
- Compromis convaincant entre amorti généreux au talon et retour sensoriel à l'avant-pied
- Accroche insuffisante sur terrains gras, roches humides et racines
- Protection avant du pied clairement sous-dimensionnée
- Instabilité du talon dès que le terrain se complexifie vraiment

Une mousse ReactX taillée pour le long et les allures détente
La filiation avec la gamme route de Nike est assumée, et c'est d'abord la semelle intermédiaire qui le confirme. La mousse ReactX, empruntée surtout à la ligne Nike Infinity, incarne le coeur du projet. Ce composé haut de gamme concilie amorti et légère réactivité, un équilibre que peu de mousses trail atteignent à ce prix. Ce qui surprend dès les premiers kilomètres, c'est le toucher à la fois moelleux et contrôlé : le pied s'y enfonce sans y disparaître, ce qui est assez rare.
33,5 mm au talon, 24 mm à l'avant-pied : le différentiel est marqué, et le drop de 9,5 mm pousse naturellement vers une attaque talon. Comparée aux Zegama 2 (stack avant à 32 mm), la Pegasus Trail 5 affiche une géométrie autre, plus inclinée vers l'arrière. C'est plus que la Wildhorse ou la Terra Kiger, deux références Nike du même segment. Franchement, ce stack élevé est une vraie bonne nouvelle pour qui cherche à préserver ses mollets sur des sorties longues.
La répartition de la mousse n'est pas uniforme : très épaisse au talon et au médio-pied, elle s'amincit nettement vers l'avant. Ce choix apporte un avantage concret : l'avant-pied perçoit encore les aspérités du sol, ce qui évite cette sensation de déconnexion totale parfois reprochée aux chaussures très stackées. La comparaison avec la mousse Zoom X des Zegama tient la route, en version légèrement moins dense et un peu moins vive.
Sur le plan des usages, cette architecture oriente clairement vers les sorties en endurance fondamentale et les longues sorties d'entraînement à allure modérée. L'incurvation de la semelle avant et la fermeté relative du midsole à cet endroit permettent en revanche d'aborder des séances tempo sans se sentir trop à la traîne. Ce n'est pas une chaussure de compétition, mais elle ne bride pas non plus le coureur qui veut varier les rythmes à l'entraînement.


Du bitume aux pentes montагneuses : jusqu'où peut-on vraiment l'emmener ?
La semelle extérieure utilise le composé maison Nike Trail ATC. Pas de Vibram ici, contrairement aux Zegama 2 ou aux Ultrafly, mais à 140 euros, ce serait mal venu de s'en plaindre. Les crampons présentent une épaisseur intermédiaire et une répartition plus homogène que sur la version 4. La zone arrière conserve une large surface lisse, conçue pour fluidifier le déroulé sur sols compacts.
C'est sur les pistes dures, le gravel et les chemins bien tassés que la chaussure révèle ses meilleures qualités. Le déroulé y est franchement plus naturel que chez la majorité des concurrentes trail. Sur asphalte, la flexibilité de la semelle extérieure limite la rigidité ressentie, ce qui en fait une option sérieuse pour les coureurs urbains qui enchaînent trottoirs et chemins. Pour une compétition comportant de longues sections routières, elle constitue même un choix pertinent, là où d'autres modèles trail peinent à rester confortables sur le bitume.
Sous-bois par temps sec ? Oui, avec des réserves. Dès que le sol devient gras, les limites apparaissent vite, notamment dans les descentes où l'arrière de la semelle décroche. Racines mouillées, roches lisses, boue argileuse : autant de contextes où la Pegasus Trail 5 sera en difficulté. Pour ceux qui veulent comprendre précisément à quel moment une semelle non imperméable devient un handicap par rapport à une version Gore-Tex sur terrain humide, la question de choisir entre chaussures de course imperméables et non imperméables en montagne mérite d'être posée sérieusement avant de partir en sortie.
En montagne, la chaussure se comporte correctement sur des sentiers larges et peu encombrés : pistes 4x4, chemins balisés sans obstacles majeurs, vallonné accessible. C'est honnêtement mieux que ce qu'on espérait d'un modèle inspiré de la route. Mais dès que les cailloux s'accumulent et que les racines croisent le chemin, le talon a tendance à pivoter, la stabilité se détériore, et des frottements apparaissent autour de la malléole. Pour résumer : ce modèle vit son meilleur life dans le roulant, et il faut accepter ses limites au-delà.

La tige : enveloppement qualitatif, protection avant décevante
Premier contact avec la chaussure : l'impression d'être assis dans un baquet. La coque talonnière, garnie de plusieurs inserts en mousse, enveloppe l'arrière du pied avec une efficacité remarquable. Les mouvements parasites du talon s'en trouvent réduits, et le maintien arrière est parmi les meilleurs du segment trail à ce tarif. C'est une vraie réussite.
La technologie Flywire joue aussi un rôle concret. Ces fils en polyester violets, visibles sur les deux flancs, se connectent aux lacets et répartissent la tension de façon homogène autour du médio-pied. Résultat : le pied est solidement arrimé au centre de la chaussure, sans points de pression localisés. Les éléments plastiques structurants, qui doublent les logos de la marque sur les côtés, complètent ce verrouillage latéral.
À l'avant, le constat est moins flatteur. Le mesh y est plus aéré, ce qui profite à la respirabilité générale de la chaussure, un point positif indéniable. Mais le pare-pierres se résume à une fine bandelette plastique qui ne protège pratiquement pas les orteils. Un coup de rocher sur l'avant-pied, et les dommages se font ressentir directement. Pour un modèle destiné à s'aventurer en sentiers, c'est clairement le talon d'Achille de la tige.
Sur la question du fit, la Pegasus Trail 5 accueille un spectre de morphologies assez large : des pieds légèrement fins aux pieds légèrement larges, tout le monde trouve sa place. L'avant de la chaussure offre suffisamment de liberté pour que les orteils ne soient pas comprimés, même en descente prolongée. Seuls les gabarits vraiment extrêmes, très fins ou très larges, devront chercher ailleurs.




Comparatif avec les autres modèles Nike et positionnement marché
| Modèle | Stack talon | Drop | Prix | Terrain cible |
|---|---|---|---|---|
| Nike Pegasus Trail 5 | 33,5 mm | 9,5 mm | 140 € | Bitume / Roulant |
| Nike Wildhorse | < 33,5 mm | Variable | Variable | Sentiers techniques |
| Nike Terra Kiger | < 33,5 mm | Variable | Variable | Technique / Montagne |
| Nike Zegama 2 | 32 mm | Variable | Supérieur | Montagne / Technique |
Dans la gamme Nike, la Pegasus Trail 5 occupe une niche précise : l'entrée en matière trail pour le coureur route. Elle ne cherche pas à concurrencer la Terra Kiger sur les terrains cassants, ni la Zegama 2 sur les dénivelés importants. Son prix de 140 euros la positionne comme un investissement raisonnable, accessible à qui veut s'affranchir du bitume sans se lancer dans l'achat d'une chaussure vraiment spécialisée. Face à la concurrence hors Nike sur ce segment (chaussures mixtes route-trail entre 120 et 160 euros), elle tient bien son rang grâce à la qualité de la mousse ReactX, un argument que peu de concurrentes à ce tarif peuvent opposer.
- Coureurs venant de la route, qui souhaitent étudier des chemins sans changer radicalement de chaussure
- Athlètes à la recherche d'une chaussure d'entraînement longue distance confortable et polyvalente
- Pratiquants vivant en zone semi-urbaine avec accès à des chemins et portions d'asphalte mêlés
- Coureurs préparant des épreuves à dominante roulante avec quelques passages sur route


Ce que la Pegasus Trail 5 apprend sur votre prochain achat trail
Voici ce que ce test révèle, au-delà de la chaussure elle-même : le choix d'un modèle trail se décide avant tout sur la base du terrain habituel, pas sur le marketing. La Pegasus Trail 5 ne ment pas sur ses origines routes. Elle les assume, et c'est précisément pour ça qu'elle excelle là où d'autres modèles purement trail se montrent maladroits sur asphalte ou gravel dur.
Si votre terrain de jeu se situe entre le parc urbain et les premiers chemins de forêt, elle est probablement l'une des meilleures options disponibles à ce budget. Mais si vous avez déjà en tête des sorties avec 800 mètres de dénivelé positif sur des sentes caillouteuses, il vaut mieux orienter votre budget vers un modèle davantage conçu pour l'effort en montagne. La version Gore-Tex de la Pegasus Trail 5 vaut par ailleurs vraiment le détour si vous courez souvent par temps pluvieux ou sur des chemins humides : le gain en confort est réel, même si l'imperméabilité ne résout pas la question de l'accroche sur sol gras.
Dernier conseil actionnable : testez-la sur votre sortie hebdomadaire mixte avant de l'engager dans une compétition. Deux ou trois sorties de 15 km suffiront à savoir si le drop de 9,5 mm convient à votre foulée. Pour certains coureurs habitués à moins de 6 mm de drop, la transition demandera un temps d'adaptation. Pour les autres, ce sera immédiatement une évidence.
// Auteur
CecileCecile est coach sportive et préparatrice physique dans la trentaine, spécialisée en musculation, renforcement et cours collectifs (HIIT, biking). Elle accompagne ses clients avec des programmes personnalisés et des conseils de nutrition sportive pour optimiser performance et récupération.
Son approche est motivante et pédagogique : toujours en tenue de sport et le sourire dynamique, elle rend l'effort accessible et durable. Suivez ses conseils pour progresser en confiance et atteindre vos objectifs.