49 mm de stack au talon. Quand on voit ce chiffre pour la première fois, on croit à une erreur de frappe. Pourtant, c'est bien la réalité des Hoka Mafate X, lancées au printemps 2025 à 225 euros. Jamais une chaussure de trail n'avait affiché des profils de semelle aussi vertigineux. Même les modèles les plus généreux de la marque à la bande métarocking semblent soudainement raisonnables en comparaison.
Ce test a été réalisé en partenariat avec Top4running.fr, e-shop présent dans 19 pays européens, proposant de nombreux modèles de chaussures de trail à prix réduits, avec livraison en 3 à 5 jours (offerte dès 70 euros d'achat) et retours sous 30 jours.
Fiche technique et premiers repères
Avant d'aller plus loin, voici les données clés à retenir sur les Hoka Mafate X. Ces chiffres ne sont pas qu'une formalité : ils conditionnent directement le type de coureur à qui cette chaussure s'adresse.
| Caractéristique | Homme | Femme |
|---|---|---|
| Prix | 225 € | 225 € |
| Poids | 344 g | 294 g |
| Hauteur talon | 49 mm | 49 mm |
| Drop | 8 mm | 8 mm |
| Plaque | Carbone | Carbone |
| Fit | Standard | Standard |
Les Mafate X représentent le second modèle trail le plus cher du catalogue Hoka, à égalité avec leur positionnement technologique face aux Tecton X 3. Elles embarquent une plaque carbone, ce qui n'est pas si courant dans la gamme trail de la marque. Le drop de 8 mm est lui aussi une première absolue chez Hoka pour un modèle trail, tous les autres affichant 4 ou 5 mm maximum.
Pour qui sont-elles faites ? Le tableau suivant résume leur profil d'utilisation idéal :
| Critère | Recommandation |
|---|---|
| Type de terrain | Parcours roulants, pistes battues, monotraces peu techniques |
| Distances | Moyennes et longues distances, trails 50 km+, ultras |
| Profil du coureur | Gabarits intermédiaires à lourds, rythmes lents à intermédiaires |
| Types de pieds | Standards à larges |
| Usages | Sorties longues, endurance fondamentale, compétitions ultra |






Une architecture de semelle sans précédent dans le trail
Pour saisir ce que représentent les Mafate X, il faut d'abord comprendre d'où elles viennent. Hoka a conçu ce modèle comme une synthèse entre deux lignes existantes : les Tecton X, connues pour leur plaque carbone et leur réactivité, et les Mafate, réputées pour leur amorti monumental. Le résultat est une chaussure qui n'appartient vraiment à aucune catégorie connue.
Le stack de 49 mm au talon, c'est concret. Une Speedgoat 6 plafonne à 33 mm à ce même endroit. Une Zinal 2 s'arrête à 30 mm. L'écart n'est pas anecdotique : on parle d'une différence de presque 20 mm avec certains modèles très amortis du marché. L'avant-pied affiche 41 mm, ce qui donne ce drop de 8 mm inédit dans la gamme trail de la marque.
La construction de la semelle intermédiaire mérite qu'on s'y attarde, car elle est franchement originale. Trois composés coexistent dans ce midsole, chacun occupant une fonction précise :
- Une mousse EVA traditionnelle, moelleuse, positionnée sous la plaque carbone pour absorber les chocs
- Du PEBA, la fameuse supermousse dense mais malléable qu'on retrouve aussi sur les Tecton X 3 ou les Salomon S/Lab Ultra Glide, disposée au-dessus de la plaque
- Une plaque carbone centrale en forme de fourche, fine et flexible, conçue en simple unité (contrairement aux deux plaques parallèles des Tecton X 3) pour mieux répondre aux irrégularités du terrain
Deux héritages des modèles Mafate complètent l'ensemble : une base de talon particulièrement élargie et une incurvation prononcée à l'avant de la semelle. Ces deux caractéristiques favorisent le déroulé et la stabilité longitudinale, même si, on le verra, la stabilité latérale est une autre histoire.
La semelle extérieure fait appel à du Vibram Megagrip en version classique, pas en Litebase. Ce choix alourdit légèrement le modèle, et on peut légitimement se demander si Hoka n'aurait pas pu gratter quelques grammes ici. Les crampons mesurent 3,5 mm d'épaisseur, ce qui paraît modeste face à une Speedgoat 6 ou une Mafate Speed 4. Mais Hoka a creusé des sillons assez profonds au centre de l'outsole pour compenser, ce qui améliore nettement la prise au sol sans sacrifier la fluidité du déroulé.

Ce qu'on ressent vraiment sous les pieds : sensations de vol plané
Mettons les choses clairement dès le départ : les premières foulées sur les Mafate X sont déconcertantes. On a littéralement l'impression de courir sur des semelles de plateforme géantes. Le sol disparaît. Les aspérités, les petits cailloux, les trous dans le sentier... rien ne remonte jusqu'aux pieds. C'est une expérience sensorielle radicalement différente de tout ce qu'on peut tester dans la gamme trail actuelle.
L'amorti est sans équivalent dans le trail : plus généreux que sur les Mafate Speed 4, franchement au-dessus d'une Speedgoat 6. Mais réduire les Mafate X à leur seule capacité d'absorption serait une erreur. La combinaison PEBA et plaque carbone génère un compact effet propulsif sous la voûte plantaire, plus discret que sur les Tecton X 3, mais clairement perceptible comparé à une Mafate Speed 4. Un compromis entre matelas et ressort, en quelque sorte.
Franchement, si vous aimez garder le contact avec le sol, sentir le terrain travailler sous vos pieds et conserver une certaine proprioception, passez votre chemin. Les Mafate X ne sont pas faites pour vous. À l'inverse, si vous enchaînez les heures de course et que votre priorité absolue est d'arriver aux kilomètres finaux sans avoir les pieds en compote, ces chaussures pourraient bien changer votre rapport aux ultras.
Le drop de 8 mm, inhabituel dans cette gamme, influe sur la biomécanique. La chaussure soutient une attaque talon, ce qui correspond à l'allure lente ou modérée pour laquelle elle est conçue. Sur des rythmes plus soutenus, le poids de 344 g (taille 42) commence à se faire sentir dans les articulations, notamment au niveau des genoux. Les relances répétées deviennent inconfortables assez rapidement. Une Asics Metafuji Trail permet de vivre une expérience comparable sur ce registre allure/confort, si vous cherchez un point de comparaison concret.
Le toucher du coussin est agréable : moins aérien qu'une Speedgoat 6, un peu plus doux que les Tecton X 3. C'est ce positionnement intermédiaire qui rend les Mafate X accessibles à un public plus large que la plupart des supershoes de trail, y compris pour des sorties d'entraînement en endurance fondamentale, là où une New Balance Supercomp Trail ou une Nike Ultrafly restent davantage orientées compétition pure.

Grip et comportement sur le terrain : où la Mafate X excelle
Sur les sols meubles et sablonneux, la surprise est réelle. Peu de supershoes affichent une traction aussi convaincante en montée sur ce type de surface, et les Mafate X font exception. L'immense superficie de l'outsole combinée aux sillons creusés dans la gomme Megagrip permet à la chaussure de s'enfoncer efficacement sans glisser. Sur les descentes boueuses, l'accroche est franche, les débris s'évacuent bien entre les plots. Les sous-bois humides en conditions hivernales ? Aucun problème.
Sur les roches lisses et les racines, le Vibram fait son travail habituel. Ce n'est pas là que la chaussure brillera le plus, mais le grip reste honnête. La question du choix entre chaussures imperméables et non-imperméables pour la course en montagne se pose d'ailleurs sur des terrains variés exactement comme ceux sur lesquels les Mafate X se montrent à leur avantage.
En revanche, dès que le terrain devient accidenté, les limites apparaissent clairement. L'avant du pied bute régulièrement sur les cailloux et les racines transversales, surtout lors des premières sorties. Il faut un temps d'adaptation, et honnêtement, même après une centaine de kilomètres, ça ne disparaît pas totalement. La rigidité de la structure provoque aussi des tensions dans la tige sur les terrains techniques, surtout ressenties au niveau des malléoles et du bas de cheville. C'est désagréable et cela s'accumule sur la distance.
Le défaut le plus sérieux des Mafate X, c'est leur instabilité latérale marquée. Sur un caillou posé en biais, la chaussure bascule. Sur un sentier parsemé de petites roches, elle "tourne" sous le pied avec une facilité qui peut surprendre même un coureur expérimenté. C'est la chaussure trail Hoka la plus instable que j'ai testée. Le risque d'entorse n'est pas théorique : il suffit d'un trou mal vu ou d'un pied posé de travers. Je déconseille formellement ce modèle aux coureurs avec des chevilles fragiles ou des antécédents d'entorse.

Points forts et faiblesses : bilan sans filtre
Après plus de 100 km de test, le tableau est contrasté mais cohérent. Les Mafate X sont exactement ce qu'elles prétendent être, et c'est à la fois leur force et leur limite.
Ce qui fonctionne vraiment bien :
- Un amorti abondant et un soutien sous le pied sans équivalent dans le trail actuel, particulièrement appréciable sur les longues distances
- Une accroche polyvalente sur sols meubles, sablonneux et gras, grâce au Vibram Megagrip et à la grande superficie de l'outsole
- Un compromis amorti/dynamisme plus abouti qu'attendu, rendu possible par la combinaison plaque carbone et PEBA
- Une empeigne solide, respirante et adaptée aux longues heures, avec un maintien talon utile
Ce qui pose problème :
- Une instabilité latérale prononcée, qui rend la chaussure risquée sur tout terrain présentant des irrégularités
- Des rigidités dans la tige qui apparaissent sur les sections techniques et créent des tensions aux malléoles
- Un poids de 344 g qui pèse sur les articulations lors des accélérations et limite le confort sur les rythmes soutenus prolongés
- Des sensations maximalistes très radicales, déstabilisantes pour les coureurs habitués à garder le contact avec le sol

L'empeigne : technique sans être révolutionnaire
Contrairement aux Tecton X 3 qui misent sur le Matryx, Hoka a fait un choix varié sur les Mafate X. Le mesh synthétique retenu est épais, souple et bien renforcé. L'arrière du pied bénéficie de nombreux inserts moussés qui donnent ce toucher rembourré caractéristique de la ligne Mafate. La coque talon est renforcée par une bande rigide en plastique bleu, très présente, qui encapsule véritablement le talon dans son logement.
Ce système de maintien arrière est vraiment efficace. Le talon ne bouge pas, même sur les descentes. On a la sensation d'être dans un baquet, ce qui rassure sur les longues heures. La contrepartie, c'est que cette rigidité arrière peut générer des frictions au niveau du col et des malléoles sur terrain technique, comme mentionné précédemment.
À l'avant, le maillage est plus lâche, ce qui libère les orteils. La toe box offre de la profondeur et de la hauteur, qualité appréciable lorsque les pieds gonflent après plusieurs heures d'effort. Le fit est typiquement Hoka : évasé, confortable pour les pieds standards à larges, mais pas forcément adapté aux pieds très étroits.
La gestion de l'humidité est bonne. Le mesh sèche rapidement, ne retient pas l'eau et évacue bien la transpiration par forte chaleur, ce qui limite les risques d'ampoules. La protection est assurée principalement par la hauteur de la semelle elle-même, qui éloigne les pieds des obstacles plus efficacement que n'importe quel renfort de tige. Le pare-pierres est minimaliste mais suffisant pour l'usage visé. Après 100 km, aucune déchirure, aucun pli inquiétant à l'avant, et les matériaux semblent nettement plus durables que ceux des modèles mid-range de la marque.
Un réduit bémol à noter : les revers au niveau du col ont tendance à s'user progressivement. Le gabarit imposant de la chaussure entraîne un frottement régulier entre les deux pieds durant la foulée, ce qui accélère légèrement leur usure. Rien de rédhibitoire, mais à surveiller sur le long terme.
Comparatif avec les autres supershoes de trail du marché
Pour aider à situer les Mafate X dans l'offre actuelle, voici une comparaison directe avec les principales alternatives :
| Modèle | Stack talon | Drop | Poids (H) | Prix | Point fort principal |
|---|---|---|---|---|---|
| Hoka Mafate X | 49 mm | 8 mm | 344 g | 225 € | Amorti maximal + plaque |
| Hoka Tecton X 3 | Non communiqué | 5 mm | ~290 g | ~225 € | Réactivité et dynamisme |
| Hoka Speedgoat 6 | 33 mm | 4 mm | ~300 g | ~165 € | Polyvalence terrain |
| Asics Metafuji Trail | Non communiqué | Non communiqué | ~310 g | ~250 € | Confort longue distance |
| New Balance Supercomp Trail | Non communiqué | Non communiqué | ~290 g | ~200 € | Réactivité compétition |
La Mafate X se démarque clairement par son stack record et son drop atypique de 8 mm. Face aux Tecton X 3, elle perd en vivacité mais gagne en accessibilité et en confort d'utilisation quotidienne. Par rapport à une Speedgoat 6, l'écart de prix (60 euros) se justifie par la plaque carbone et l'amorti nettement supérieur. C'est clairement la plus "grand public" des supershoes trail, pensée pour durer de multiples heures sans brutaliser les pieds.
Où acheter les Hoka Mafate X et à quel prix
Les Hoka Mafate X sont disponibles à 225 euros, pour les modèles hommes comme femmes. Il est recommandé de prendre sa pointure habituelle, trail ou running. La largeur de la toe box et le fit évasé laissent suffisamment d'espace pour ne pas avoir besoin de prendre une demi-pointure au-dessus.
Top4running.fr propose ce modèle avec la livraison offerte dès 70 euros d'achat et un délai de 3 à 5 jours. Les retours sont acceptés sous 30 jours. Avec le code COMPARTRAIL, vous bénéficiez de 5% supplémentaires sur les chaussures, vêtements et produits nutrition.
Pour quel coureur les Mafate X valent-elles vraiment le coup
Voici la vérité sur les Mafate X : ce sont des chaussures très spécifiques, et c'est précisément ce qui les rend intéressantes. Elles ne cherchent pas à plaire à tout le monde. Elles assument pleinement leur positionnement maximaliste extrême, et tant que vous êtes dans leur zone d'emploi, elles tiennent leurs promesses.
Le coureur adapté pour les Mafate X ressemble à ça : un gabarit intermédiaire à lourd, des rythmes lents à modérés, des chantiers longs (50 km, 100 km, au-delà), sur des terrains roulants ou des monotraces peu techniques. Des sous-bois, des pistes forestières, des gravel tracks. Ce coureur veut arriver au bout sans avoir les pieds détruits, et il est prêt à accepter une certaine sensation d'altitude sous les pieds en échange.
À l'inverse, je déconseille fermement les Mafate X aux profils suivants :
- Les coureurs avec des chevilles instables ou des antécédents d'entorse, le risque de bascule étant réel même sur terrain modéré
- Ceux qui courent sur des terrains techniques, rocheux ou fortement dénivelés, où la rigidité et la hauteur de la chaussure deviennent des handicaps
- Les adeptes de rythmes soutenus et de relances fréquentes, pour qui le poids et le drop freineront la progression
- Les coureurs en quête de sensations minimalistes ou de retour d'informations tactiles du sol
Sur le plan de la durabilité, les 100 km de test n'ont révélé aucune dégradation notable du mesh ou de la semelle. Les composés utilisés semblent d'une qualité supérieure à ce qu'on trouve sur les modèles milieu de gamme Hoka comme la Torrent 4. Si vous courez 15 à 20 heures par semaine sur les types de terrains recommandés, cette chaussure devrait tenir plusieurs saisons sans problème majeur.
Reste une question que beaucoup se posent : les Mafate X valent-elles 225 euros ? Pour un ultra-traileur qui cherche une alternative plus confortable et abordable que les Tecton X 3, la réponse est oui. Pour un coureur occasionnel qui fait deux sorties de 10 km par semaine sur sentier varié, franchement non. Le budget serait mieux investi ailleurs.
Un dernier point que je n'ai pas encore abordé : l'impact de la plaque carbone sur la fatigue musculaire lors des très longues distances. Contrairement à ce qu'on pourrait craindre, la plaque en fourche des Mafate X ne génère pas de tensions excessives dans les mollets ou le tendon d'Achille, précisément parce que le drop de 8 mm compense l'effet de rigidification habituel. Sur un 100 miles, cette subtilité biomécanique pourrait faire une vraie différence dans la gestion de l'énergie musculaire aux kilomètres tardifs. C'est une piste que des coureurs comme ceux engagés sur l'UTMB (avec ses 171 km et 10 000 m de dénivelé) pourraient trouver intéressante à chercher, pour les segments roulants du parcours tout du moins.
// Auteur
CecileCecile est coach sportive et préparatrice physique dans la trentaine, spécialisée en musculation, renforcement et cours collectifs (HIIT, biking). Elle accompagne ses clients avec des programmes personnalisés et des conseils de nutrition sportive pour optimiser performance et récupération.
Son approche est motivante et pédagogique : toujours en tenue de sport et le sourire dynamique, elle rend l'effort accessible et durable. Suivez ses conseils pour progresser en confiance et atteindre vos objectifs.