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Salomon Sense Ride 5 : test complet de la chaussure

Solal // 14 août 2026 // 12 min
Salomon Sense Ride 5 : test complet de la chaussure

130 euros. C'est le prix de la Salomon Sense Ride 5, et franchement, peu de chaussures de trail sur ce segment offrent autant de polyvalence pour ce budget. Après plusieurs semaines de test sur des terrains variés, voici ce que cette cinquième version vaut vraiment, sans fard.

Fiche technique et caractéristiques clés de la Sense Ride 5

Avant d'entrer dans le vif du sujet, voici les données techniques essentielles à connaître. Salomon a conservé un drop de 8 mm, ce qui reste une valeur médiane confortable pour la majorité des coureurs. La hauteur talon s'établit à 29 mm, soit 3 mm de moins que sur la version 4 : un détail qui change pourtant pas mal de choses à l'usage, on y reviendra.

Caractéristique Homme Femme
Prix 130 € 130 €
Poids 283 g 253 g
Drop 8 mm 8 mm
Hauteur talon 29 mm 29 mm
Fit Standard Standard
Catégorie Polyvalente Polyvalente

Le profil visé par Salomon est clair : des athlètes de gabarit léger à intermédiaire, avec un pied fin à standard, cherchant une chaussure capable d'encaisser toutes les distances sur des sentiers allant du plat roulant au modérément technique. Pas une chaussure de haute montagne, pas une chaussure de vitesse pure non plus. Une sorte de couteau suisse du trail.

Ce qui a vraiment changé dans la semelle intermédiaire

C'est là que la version 5 marque le plus gros écart avec sa devancière. Salomon abandonne le duo Vibe/Optivide au profit de l'Energy Foam, une mousse associant EVA et oléfine que la marque annécienne déploie de plus en plus sur ses nouveaux modèles (on la retrouve notamment sur les Ultra Glide 2 et les Glide Max TR). Le résultat est immédiat : le rebond est légèrement supérieur, le toucher un poil plus moelleux, même si l'ensemble reste plutôt compact comparé à ce que font Brooks ou Hoka sur leurs modèles polyvalents.

Paradoxalement, la semelle a été abaissée de 3 mm tout en devenant plus amortissante. Ce tour de force technique mérite d'être souligné. Concrètement, on ressent davantage les aspérités du sol, les petites pierres et les racines se perçoivent bien sous le pied, mais l'amortissement global a progressé. Le constat plaira aux coureurs qui aiment travailler leur proprioception sans sacrifier tout confort.

Sur la question des distances, cette évolution change la donne. Les Sense Ride 5 restent suffisamment vives pour des sorties courtes et intenses, mais le soutien au niveau du talon est maintenant assez conséquent pour accompagner des trails longs, jusqu'à 80 ou 90 kilomètres. C'est un vrai point fort. Pour moi, elles représentent l'un des meilleurs équilibres entre dynamisme et amorti du marché trail actuel, et cela compte double chez Salomon où beaucoup de modèles sont franchement trop spécialisés dans un sens ou dans l'autre.

Camion jaune de livraison dans une rue new-yorkaise

Sense Ride 5 vs Pulsar Trail Pro : deux philosophies opposées

Difficile de tester la Sense Ride 5 sans la comparer à la Pulsar Trail Pro, l'autre valeur polyvalente de la gamme trail Salomon. Les deux modèles se destinent à peu près au même public, mais leurs partis pris techniques divergent radicalement. La Pulsar Trail Pro embarque une plaque en TPU et un profil incurvé qui mâchent le travail de propulsion : le pied est guidé, presque assisté. La Sense Ride 5, elle, mise sur la flexibilité totale et les sensations sol, et exige que le pied fasse lui-même le boulot.

Aucune des deux approches n'est meilleure dans l'absolu. Tout dépend de ce que vous cherchez. Un coureur qui attaque les montées avec énergie et aime sentir le terrain sous ses pieds choisira naturellement la Sense Ride 5. Quelqu'un qui court long, cherche à économiser ses jambes et préfère une chaussure "qui travaille pour lui" se tournera vers la Pulsar Trail Pro. L'opposition est binaire, mais elle a le mérite d'être lisible.

Trois étudiants souriant marchent dans cour universitaire animée

Semelle externe : le point faible assumé de cette version

Fidèle utilisateur de la version 4, j'ai tout de suite noté la différence. Les crampons passent de 4 à 3,5 mm d'épaisseur, deviennent plus étroits et surtout moins nombreux sur la partie centrale de la semelle. Le composé All Terrain Contagrip est conservé, mais la configuration des plots change tout à l'utilisation.

Sur du gravier roulant ou des pistes bien tracées, aucun problème. La chaussure déroule proprement et ne glisse pas. La situation se corse dès qu'on entre dans les sous-bois ou que la pluie s'en mêle. Sur des sentiers de terre meuble parsemés de feuilles mortes, les Sense Ride 5 perdent clairement en adhérence par rapport à la version précédente, surtout en descente. Par temps humide sur terrain gras, la différence est encore plus marquée : là où la version 4 gardait une accroche acceptable, la version 5 glisse franchement. Ce n'est pas une chaussure pour les matins pluvieux en forêt.

Ce repositionnement s'explique probablement par la stratégie produit de Salomon, qui semble vouloir confier les terrains soft ground à la Thundercross (équipée de crampons de 5 mm), pendant que la Sense Ride 5 se concentre sur les sols compacts et roulants. La logique de gamme est cohérente, mais pour l'acheteur qui attendait une chaussure vraiment polyvalente comme l'était la version 4, c'est une régression notable.

Pour savoir si vous avez besoin d'une version imperméable selon vos terrains habituels, vous pouvez consulter cet article comparatif sur les chaussures de course imperméables vs non-imperméables pour les courses en montagne, qui aide vraiment à trancher selon votre pratique.

Deux scènes de rue madrilène : amis discutant et musicien jouant guitare.

Diversité des terrains praticables : ce que la chaussure sait faire

Malgré cette perte sur les sols détrempés, les Sense Ride 5 restent à l'aise sur un spectre de terrains respectable. Pistes ouvertes de type gravel, singles forestiers modérément techniques, chemins de montagne pas trop rocheux : la chaussure se montre agile, précise, et son agilité en terrain accidenté modéré est réelle. On peut l'utiliser en sortie quotidienne depuis chez soi jusqu'à des sentiers un peu plus engagés sans changer de paire, ce qui est loin d'être le cas de tous les modèles Salomon.

Les limites apparaissent clairement sur les terrains vraiment techniques. Rochers, pierriers, haute montagne : la tige manque de structure et la protection sous avant-pied est insuffisante. Les coureurs sensibles de la voûte plantaire le ressentiront rapidement, surtout sur les portions où le sol est parsemé de cailloux ou de racines. Ce n'est pas un défaut grave, c'est simplement la conséquence d'un positionnement produit assumé : la Sense Ride 5 n'est pas faite pour l'alpinisme trail.

Jeune barista en tablier gris préparant une boisson dans un café cosy.

Tige et maintien : l'efficacité d'un design classique

Le mesh utilisé sur la version 5 n'a guère évolué. Il reste épais, un peu daté comparé aux matériaux fins et techniques des Pulsar Trail Pro 2 ou des Ultra Glide 2, sans même parler des tiges Matryx des modèles S-Lab. On pourrait y voir un manque d'ambition technique de la part de Salomon. Pourtant, ce mesh volontairement classique produit quelque chose d'intéressant : un maintien du pied homogène et solide sur toute la longueur du chausson.

Les renforts plastique ont été légèrement réduits et recentrés sur la partie médiane, mais l'enveloppe globale reste bien structurée. Le pied ne flotte pas, ne part pas en avant ni sur les côtés, même sur les passages techniques. Pour un coureur déçu par le maintien insuffisant de certains modèles à tige ultra-légère, les Sense Ride 5 constituent une valeur sûre.

Les rembourrages intérieurs sont généreux, notamment au niveau du médio-pied et du talon. Le chausson enveloppe bien, sans serrer. Le confort global est parmi les meilleurs de la gamme trail Salomon, largement supérieur aux modèles S-Lab ou aux Pulsar Trail Pro qui ciblent davantage la performance que le bien-être. En revanche, la poche à lacets, déjà critiquée sur la version 4, est toujours aussi inutile : les lacets s'en échappent régulièrement pendant l'effort. C'est un défaut mineur mais récurrent, et il serait grand temps que Salomon le corrige sur la prochaine itération.

Groupe de jeunes adultes discutant autour d'une table dans un café

Le point sensible : toe box et profil des pieds concernés

La toe box des Sense Ride 5 est franchement étroite. Ce n'est pas une surprise pour qui connaît les standards Salomon, mais la version 5 ne fait rien pour améliorer les choses sur ce point. Le manque de hauteur et de largeur à l'avant contraint les orteils, ce qui nuit au travail naturel du pied durant la foulée. Les pieds larges ou évasés à l'avant seront vite à l'étroit.

Plus largement, voici le profil de coureur auquel cette chaussure convient le mieux, et celui qu'elle convient moins :

  • Athlètes de gabarit léger à moyen avec un pied fin à standard : conditions idéales d'utilisation
  • Coureurs recherchant de la polyvalence sur sentiers compacts, toutes distances, de la sortie légère au trail de 80 km
  • Pratiquants appréciant les sensations sol et la flexibilité plutôt qu'une chaussure "assistée"
  • Coureurs qui alternent entre sorties dynamiques et sorties confort sans changer de paire
Groupe de personnes visitant un marché avec stands de produits artisanaux

Récapitulatif des points forts et des faiblesses identifiés

Après plusieurs semaines de test sur routes forestières, chemins de montagne et pistes gravel, voici ce qui ressort clairement :

Points forts Points faibles
Polyvalence distances et rythmes Accroche insuffisante sur sol meuble ou gras
Maintien du pied solide et homogène Poche à lacets inefficace
Amorti amélioré vs version 4 (Energy Foam) Toe box trop étroite en hauteur
Compromis dynamisme/amorti très bien dosé Protection sous avant-pied insuffisante
Confort du chausson au-dessus de la moyenne Salomon Tige peu évolutive techniquement
Agilité et flexibilité sur terrains modérés Inadaptée aux terrains vraiment techniques
Scientifique en blouse travaillant avec équipement laboratoire

À qui s'adressent vraiment les Sense Ride 5 ?

Voici une liste des usages pour lesquels les Sense Ride 5 brillent vraiment, et ceux pour lesquels elles montrent leurs limites :

  • Sorties trail quotidiennes sur terrains compacts, gravel et singles forestiers secs
  • Trails longue distance jusqu'à 80-90 km grâce au rebond talon amélioré
  • Entraînements variés alternant intensité et récupération active
  • Premiers pas en trail pour des coureurs venant de la route, grâce au confort et à la prise en main intuitive

Pour les coureurs qui enchaînent les sorties par tout temps, ou qui habitent dans des régions où les sentiers restent souvent humides et argileux d'octobre à avril, je déconseille clairement cette version 5 comme chaussure principale. La version 4 était plus permissive sur ce point, et les Sense Ride 5 payent leur repositionnement sur les terrains compacts.

Rue commerçante japonaise bondée avec enseignes lumineuses rouges

Sense Ride 5 : un rapport qualité-prix difficile à battre à 130 euros

Malgré les quelques défauts cités, difficile de ne pas reconnaître que 130 euros pour ce niveau de polyvalence, c'est un positionnement sérieux. La Sense Ride 5 fait face à des concurrentes comme la Brooks Divide 4 ou la New Balance Fresh Foam X Hierro v8, toutes deux dans la même fourchette de prix. Sur le seul plan du compromis amorti/dynamisme, la Salomon tient largement la comparaison, et son maintien de pied est franchement supérieur à beaucoup dans cette catégorie.

Ce qui rend les Sense Ride particulièrement pertinentes pour débuter ou pour un coureur qui ne veut gérer qu'une seule paire de trail pour 80% de ses sorties, c'est cette capacité à fonctionner aussi bien à 5h30 au kilomètre qu'à 7h. Rares sont les chaussures capables de cette double vie, encore moins chez une marque qui a tendance à hyper-spécialiser ses modèles ces dernières années.

Deux femmes souriantes discutent autour d'un café dans un bureau lumineuxQuatre amis dégustent du vin dans une cour italienne historique

Prolonger la durée de vie : l'entretien fait la différence

Un angle que beaucoup de tests négligent : la longévité réelle de la semelle Energy Foam. L'EVA et l'oléfine combinées résistent bien à la compression répétée, mais la mousse reste sensible aux températures extrêmes. Évitez de stocker vos Sense Ride 5 dans un coffre de voiture en plein été ou à proximité d'un radiateur en hiver. Un nettoyage régulier des crampons après chaque sortie boueuse (même limitée) préserve aussi l'adhérence résiduelle des plots, qui a tendance à se colmater rapidement avec de l'argile séchée. Enfin, si vous courez plus de 600 km avec cette paire, regardez attentivement l'usure des plots avant et arrière : la semelle externe des modèles Salomon à crampons courts s'érode souvent plus vite qu'on ne l'anticipe sur les terrains abrasifs.

// Auteur

Solal

Solal est rédacteur lifestyle et bien-être basé à Nantes. Dans la trentaine, il explore sorties locales, cuisine équilibrée et tendances de l'art de vivre avec un ton curieux et chaleureux. Son style décontracté mais soigné rend ses textes accessibles et inspirants.

Il partage astuces pratiques, découvertes gourmandes et idées pour une vie quotidienne plus épanouie, en privilégiant équilibre et plaisir.

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