150 euros, un nouveau nom, et une promesse de polyvalence : la Salomon Pulsar débarque début 2026 pour prendre la relève des Sense Ride, l'une des références trail de la marque savoyarde. Sur le papier, le positionnement est clair. Sur le terrain, c'est une autre histoire.
Fiche technique et caractéristiques clés de la Salomon Pulsar
Avant d'aller plus loin, voici les données essentielles à retenir sur ce modèle. Un tableau résumé pour les deux versions, homme et femme, suivi des points forts et des points faibles identifiés après plusieurs semaines de test.
| Caractéristique | Version homme | Version femme |
|---|---|---|
| Prix | 150 € | 150 € |
| Poids | 278 g | 262 g |
| Hauteur talon | 29 mm | 29 mm |
| Drop | 6 mm | 6 mm |
| Fit | Standard | Standard |
| Catégorie | Polyvalente | Polyvalente |
| Usages | Courtes et moyennes distances, terrains lisses à moyennement techniques | Courtes et moyennes distances, terrains lisses à moyennement techniques |
Un drop de 6 mm, légèrement inférieur à celui des Sense Ride 5 (8 mm) : ce détail aura son importance sur le ressenti musculaire, on y reviendra. Pour l'heure, voici les points forts et faibles tels qu'ils ressortent du test terrain.
Points forts observés :
- Respirabilité et drainage de l'empeigne : rare à ce prix, vraiment appréciable
- Polyvalence de l'accroche : supérieure à beaucoup de modèles de la gamme Salomon
- Equilibre dynamisme et soutien minimal : la chaussure pousse vers l'avant sans sacrifier le maintien
- Confort global de la tige : rembourrages généreux, liberté de mouvement bien dosée
Points faibles à ne pas ignorer :
- Semelle intermédiaire rigide et exigeante musculairement sur les longues sorties
- Durabilité de l'empeigne discutable : usure visible dès 50 km au niveau du col
- Adhérence limitée par temps humide, notamment dans les descentes engagées
- Lacets trop longs et pochette de rangement sous-dimensionnée

Le midsole optiFOAM² : dynamisme assumé, confort à géométrie variable
La mousse optiFOAM² constitue sans doute le sujet le plus clivant de cette chaussure. Composée de TPU expansé, elle affiche une densité supérieure à celle de l'energyFOAM en EVA des Sense Ride 5 et très loin de la mousse Peba des S/Lab Pulsar 4. Ce positionnement a des conséquences directes sur le ressenti.
Dès les premières foulées, la fermeté du coussin frappe. Ce n'est pas désagréable pour autant, mais cela surprend. La voûte plantaire ne s'enfonce pas dans la mousse : elle repose dessus, avec une sensation parfois proche de la rugosité après plusieurs kilomètres. Par rapport aux Genesis de Salomon, par exemple, l'inconfort s'installe plus tôt sous le pied. Franchement, ce midsole n'est pas fait pour les amateurs de moelleux.
Ce que cette mousse privilégie, c'est la stabilité et les filtres terrains. Les pieds restent bien positionnés lors de chaque foulée, que ce soit à l'avant-pied ou au talon. La contrepartie directe : l'atterrissage du talon manque de matière, et les mollets ainsi que le tendon d'Achille s'en ressentent à la longue. Le drop de 6 mm n'arrange pas vraiment les choses à ce niveau. Mieux vaut avoir des chevilles solides et un minimum d'expérience trail avant de s'engager sur des sessions de plus de 90 minutes avec ces chaussures.
L'autre face de la médaille, bien plus séduisante : la réactivité au sol. L'optiFOAM² renvoie l'énergie de manière franche, ce qui rend la foulée vive et les relances agréables. On ressent également bien les aspérités à l'avant-pied, ce qui est un vrai atout pour la proprioception sur sentier. Pour des allures tempo, des fartleks ou des séances de côtes, la chaussure se révèle particulièrement à l'aise.
Comparer la Pulsar à une Asics Trabuco 14, une Hoka Speedgoat 6 ou une Brooks Cascadia 19 en termes d'amorti, c'est clairement défavoriser la Salomon. Elle se rapproche bien plus de l'Asics Fuji Lite 6 ou de la Saucony Peregrine 16 dans cet équilibre entre punch et soutien. Le profil de stack mérite aussi une note : 29 mm au talon, 23 mm à l'avant, soit des cotes identiques aux Sense Ride 5 au talon, mais inférieures aux S/Lab Pulsar 4 qui montent à 34/28 mm.
| Modèle | Stack talon | Drop | Mousse | Poids (T42) |
|---|---|---|---|---|
| Salomon Pulsar | 29 mm | 6 mm | optiFOAM² (TPU expansé) | 281 g |
| Salomon Sense Ride 5 | 29 mm | 8 mm | energyFOAM (EVA) | ~270 g |
| Salomon S/Lab Pulsar 4 | 34 mm | 6 mm | Peba double densité | 250 g |
La plateforme de la Pulsar est nettement plus évasée que celle de la S/Lab, en particulier au niveau du talon. L'incurvation avant reste identique entre les deux modèles, ce qui favorise une foulée dynamique et un engagement assez naturel. C'est une vraie réussite sur ce point précis.
Pour être totalement honnête : la Pulsar se prête idéalement à des sorties entre 45 minutes et 1h30-2h maximum. Au-delà, les signaux d'inconfort se multiplient, que ce soit sous la voûte plantaire ou au niveau des chevilles. Des modèles comme la Genesis ou la Salomon Vision gèrent mieux ces longues durées. Les habitués des chaussures Nnormal ou des modèles Salomon à semelle ferme seront en revanche dans leur élément.


Accroche et comportement terrain : polyvalente, pas invincible
L'outsole All Terrain Contagrip équipe la Pulsar, fidèle à la tradition de la marque anneçoise. Les crampons mesurent 4 mm d'épaisseur, soit plus que ceux des S/Lab Pulsar 4 (3,5 mm) et sensiblement plus que les Sense Ride 5 (3 mm). Mais leur forme mérite attention : ils sont larges, relativement plats, et répartis de façon homogène sur toute la surface de l'outsole, à l'exception de la zone centrale laissée sans crampon.
Cette configuration produit une chaussure véritablement polyvalente sur le papier. Elle tient ses promesses sur les pistes carrossables et les terrains compacts, où le roulement est fluide et rappelle agréablement les Sense Ride. Pour des sorties en forêt sur sols terreux secs ou sur les alpages, les crampons accrochent correctement, et la chaussure inspire confiance.
Là où les limites apparaissent, c'est sur sol mouillé. Dans les descentes humides, notamment sur surfaces lisses ou rocailleuses, le grip devient franchement insuffisant. Les gros dévers boueux sont clairement le cauchemar de cette outsole : les crampons manquent d'agressivité pour mordre correctement dans la boue. Si vous courrez régulièrement sous la pluie ou en conditions dégradées, la question du choix entre chaussure imperméable et non-imperméable en montagne mérite d'être posée sérieusement avant d'investir dans ce modèle.
Comparées aux Genesis sur sol sous-bois, les Pulsar font moins bien. Face aux Sense Ride ou aux S/Lab Pulsar 4, elles s'en sortent pourtant mieux dans ces conditions dégradées. Sur les terrains gras, seules les Ultra Glide 4 et les Speedcross 6 de Salomon surpassent vraiment la Pulsar dans la gamme actuelle de la marque.
Autre point testé sur le terrain : la stabilité. Sur des sentiers parsemés de racines ou de roches éparses, la chaussure gère bien. Elle encaisse et maintient le pied sans surprise. En revanche, l'agilité laisse à désirer par rapport aux anciennes Sense Ride. Le gabarit légèrement plus imposant nuit à la précision de pose du pied, et la rigidité de la partie inférieure empêche la semelle de s'adapter vraiment aux reliefs complexes.
Pour les sentiers alpins engagés ou les terrains à fort dénivelé, passez votre chemin. Les Genesis S/Lab gèrent ces contextes d'une autre main.
Voici un récapitulatif des contextes terrain et leur adéquation avec la Pulsar :
- Pistes carrossables et chemins compacts secs : excellent comportement, roulement fluide
- Sous-bois et alpages par temps sec : accroche suffisante, bon confort global
- Sentiers techniques humides et descentes boueuses : grip insuffisant, utilisation déconseillée
- Monotraces modérément accidentés : stabilité correcte, agilité en retrait

L'upper : confort généreux, endurance de l'empeigne en question
L'empeigne de la Pulsar s'inspire clairement des Sense Ride, avec un mesh synthétique à maillage dense, épais mais flexible. Des bandes en TPU renforcent le midfoot et le talon pour apporter structure et protection. Jusque-là, rien de révolutionnaire pour Salomon.
Ce qui distingue vraiment cette tige, c'est le niveau de rembourrage, inhabituel pour la marque. Le col est généreusement capitonné avec plusieurs inserts en mousse. La languette, bien plus épaisse que celle de la S/Lab Pulsar 4, enveloppe le dessus du pied avec douceur. Le talon est bien encapsulé. Bilan : l'upper des Pulsar se positionne parmi les plus confortables de toute la gamme trail de Salomon, aux côtés des Ultra Glide.
150 euros pour un upper qui respire vraiment bien et ne s'imbibe pas lors des passages humides : c'est une qualité que l'on ne trouve pas chez tous les concurrents à ce tarif. La respirabilité et le drainage constituent clairement un des atouts différenciants de ce modèle.
Le système Quicklace assure le laçage, complété par une pochette de rangement sur la languette. C'est pratique en théorie, mais les lacets se révèlent beaucoup trop longs : ils traînent au sol dès qu'on ne les range pas, et la pochette est trop petite pour les accueillir correctement. Il faut s'y reprendre à plusieurs fois, ce qui agace à la longue. Un défaut de conception difficilement excusable.
Concernant le fit, il mérite une description précise. Standard dans l'ensemble, il affiche un profil hétérogène : serré au niveau du talon et du médio-pied, la tige enveloppe bien sans pincer. À l'avant, la toe box s'évase nettement plus, offrant un volume appréciable pour les orteils. C'est le jour et la nuit par rapport aux anciennes Sense Ride 5, dont la boîte à orteils était franchement étroite. Les pieds légèrement larges ou les coureurs qui aiment de l'espace en avant trouveront leur bonheur ici, ce qui est rare dans la gamme Salomon.
La liberté de mouvement est aussi plus grande qu'avec une Genesis et sa tige montante : le cou du pied est moins verrouillé, la cheville dispose d'une certaine latitude. Pour les coureurs qui trouvent les Salomon trop contraignantes, la Pulsar représente une alternative sérieuse.
Mais il y a un bémol de taille : la durabilité de l'empeigne inquiète. À peine 50 km au compteur, des marques d'usure sont apparues au niveau du col, et des plis à l'avant montrent des signes de détérioration. Pour une chaussure vendue 150 euros et positionnée comme modèle d'entraînement quotidien, c'est un signal préoccupant. Un entretien régulier s'impose si vous voulez prolonger sa vie.


La Pulsar face à ses concurrentes directes : où se positionne-t-elle vraiment ?
La Salomon Pulsar remplace les Sense Ride dans la collection, mais elle ne joue pas exactement dans la même cour que la S/Lab Pulsar 4, commercialisée à 220 euros. L'écart de 70 euros entre les deux modèles se justifie par plusieurs éléments techniques concrets : mousse Peba double densité pour la S/Lab contre TPU expansé mono-couche pour la Pulsar, 31 grammes de différence en taille 42 (250 g contre 281 g), et un stack plus élevé sur la version haut de gamme.
Pour les coureurs qui cherchent une chaussure d'entraînement quotidien à un prix accessible, la Pulsar tient la comparaison face à la Saucony Peregrine 16 ou à l'Asics Fuji Lite 6 sur l'équilibre dynamisme-soutien. Elle se distingue de ces deux références par une accroche plus polyvalente et une tige plus confortable. En revanche, l'Asics Trabuco 14 ou la Brooks Cascadia 19 présentent davantage d'amorti pour les longues sorties.
Voici un comparatif synthétique avec les alternatives proches :
| Modèle | Prix | Amorti | Accroche | Usage principal |
|---|---|---|---|---|
| Salomon Pulsar | 150 € | Ferme | Polyvalente | Entraînement quotidien, courtes/moyennes distances |
| Saucony Peregrine 16 | ~150 € | Ferme | Bonne sur sol sec | Entraînement polyvalent |
| Asics Trabuco 14 | ~140 € | Moelleux | Correcte | Longues sorties, terrains variés |
| Brooks Cascadia 19 | ~155 € | Moelleux | Bonne | Polyvalente, longues distances |
| Salomon S/Lab Pulsar 4 | 220 € | Vif, réactif | Limitée par temps humide | Performance, trails courts |
La Pulsar se positionne clairement comme la chaussure trail la plus polyvalente de Salomon, aux côtés des Genesis. Mais si votre programme d'entraînement inclut régulièrement des sorties de plus de deux heures, regardez plutôt du côté des Genesis ou de la Vision dans la gamme de la marque.


Verdict et profil du coureur parfait pour la Salomon Pulsar
La Salomon Pulsar n'est pas une chaussure parfaite. Son midsole exigeant, ses doutes sur la durabilité de l'empeigne et ses limites sur sol humide lui coûtent des points. Mais à 150 euros, elle délivre un ensemble cohérent et honnête pour un profil de coureur bien défini.
Ce modèle convient parfaitement aux athlètes qui cherchent une chaussure d'entraînement réactive pour des séances de 45 minutes à environ 1h30, sur des terrains variés mais pas trop exigeants. Allures tempo, fartleks, séances de côtes : la Pulsar excelle dans ces contextes où le dynamisme prime sur le confort prolongé. Les pieds légèrement larges apprécieront aussi la toe box plus généreuse que la moyenne dans la gamme Salomon.
En revanche, je déconseille clairement ce modèle pour les longues sorties en endurance fondamentale de plus de deux heures, pour les terrains alpins engagés, ou pour les coureurs qui privilégient avant tout un amorti moelleux. La fatigue musculaire aux chevilles et les limites du grip par temps humide finiront par poser problème.
Le rapport qualité-prix reste globalement positif : peu de chaussures à ce tarif proposent une tige aussi respirante et confortable, une accroche aussi polyvalente et un comportement aussi dynamique sur chemins compacts. La Pulsar ne métamorphose rien, mais elle fait bien ce qu'elle promet.
Voici en résumé le profil du coureur pour qui ce modèle est fait :
- Coureur trail débutant à intermédiaire, cherchant une chaussure d'entraînement quotidien polyvalente
- Utile orientée courtes et moyennes distances, sur terrains lisses à modérément techniques
- Pieds de largeur standard à légèrement larges, avec une préférence pour une attaque médio-pied
- Montant de 150 euros, sans besoin de performance pure en compétition


Entretien et longévité : ce que le test révèle sur la durée
50 kilomètres pour voir apparaître les premières dégradations au niveau du col : c'est court. Très court. Ce constat soulève une vraie question sur la longévité réelle de l'empeigne, surtout pour une chaussure positionnée sur l'entraînement régulier.
Les plis à l'avant du mesh s'usent rapidement, en spécifique si vous courez sur des terrains abrasifs ou si votre technique de pied génère des frottements répétés. La partie inférieure de la chaussure, rigide par nature, ne compense pas cette fragilité structurelle en haut. Pour maximiser la durée de vie, nettoyez régulièrement l'empeigne après chaque sortie boueuse, séchez-la à l'air libre (jamais à chaleur directe), et évitez de tirer sur le col pour enfiler la chaussure.
La semelle extérieure en All Terrain Contagrip résiste bien mieux. Les crampons de 4 mm conservent leur mordant sur une bonne distance si vous évitez de courir sur asphalte. La mousse optiFOAM², dense par nature, tasse peu. La durabilité de la plateforme inférieure est donc bien meilleure que celle de l'empeigne, ce qui crée une asymétrie frustrante pour un modèle destiné à l'usage quotidien.
Si Salomon renforce l'empeigne sur une prochaine version, la Pulsar deviendrait franchement difficile à battre dans sa catégorie de prix. En l'état, elle demande un peu plus d'attention que ses concurrentes directes pour tenir la saison.
// Auteur
SolalSolal est rédacteur lifestyle et bien-être basé à Nantes. Dans la trentaine, il explore sorties locales, cuisine équilibrée et tendances de l'art de vivre avec un ton curieux et chaleureux. Son style décontracté mais soigné rend ses textes accessibles et inspirants.
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