Fin 2025, Suunto a choisi de rafraîchir l'ensemble de sa gamme trail. Après la Race 2 et la Run, c'est au tour de la Suunto Vertical 2 de pointer le bout de son boîtier. Positionnée comme le produit le plus ambitieux de la marque finlandaise, cette montre GPS cible explicitement les trailers qui avalent des distances folles et les amateurs d'itinérance multi-jours. Le prix ? 599 euros pour la version acier inoxydable, 699 euros pour le modèle titane. Identique à la version précédente, ce qui mérite d'être souligné d'emblée.
Autonomie de la Suunto Vertical 2 : ce que les chiffres disent vraiment
65 heures en GPS multi-bandes avec un enregistrement par seconde. C'est le chiffre qui va faire réagir tous ceux qui courent des ultras et des raids de plusieurs jours. La première Vertical plafonnait à 60 heures dans les mêmes conditions, donc le gain est réel, même s'il reste mesuré. Pour un trailer, dépasser deux nuits consécutives en autonomie GPS maximale représente pourtant un seuil symbolique fort.
Sur ce terrain précis, la Suunto Vertical 2 rejoint le trio de tête des montres GPS les plus endurcies du marché, aux côtés de la Coros Vertix 2 et de la Garmin Enduro 3. Franchement, pour une montre sans panneau solaire, c'est une belle performance. La disparition du module solaire présent sur la V1 est compensée sur le mode performance, mais elle se ressent ailleurs : le mode tour (GPS basse précision) tombe à 250 heures contre plus de 300 heures auparavant, et l'autonomie quotidienne passe de 30 à 20 jours. L'écran AMOLED, plus gourmand, explique en partie cette évolution.
Suunto a clairement fait un choix stratégique : concentrer les améliorations sur le mode que les trailers utilisent réellement, plutôt que de gonfler les chiffres sur des modes peu exploités. C'est un pari assumé, et je le trouve plutôt cohérent.
- Mode GPS multi-bandes (1 enregistrement/seconde) : 65 heures
- Mode intermédiaire : environ 110 heures
- Mode tour basse précision (1 enregistrement/minute) : 250 heures
- Utilisation quotidienne sans GPS : environ 20 jours

L'écran AMOLED et la lampe LED : un vrai bond qualitatif
L'autre grande rupture avec la génération précédente, c'est l'écran. La Vertical 2 adopte le même dalle LTPO AMOLED que la Suunto Race 2. Les couleurs sont nettement plus vives, la lisibilité progresse sensiblement par rapport à l'ancien panneau MIP, et le cadre réduit offre une surface d'affichage plus grande sans augmenter le diamètre du boîtier (toujours 49 mm). Résultat : les cartes, les données d'entraînement et les alertes météo gagnent en clarté, que ce soit en plein soleil ou à la tombée de la nuit.
Sur une montre positionnée pour l'aventure montagne et les longues sorties, la qualité d'affichage n'est pas un détail esthétique. Pouvoir lire une courbe de dénivelé ou vérifier son rythme cardiaque d'un coup d'œil rapide, sans plisser les yeux, c'est du confort concret sur le terrain. La Garmin Enduro 3 et la Coros Vertix 2 restent sur des écrans MIP, ce qui place la Vertical 2 dans une catégorie à part sur ce critère précis.
Suunto a également intégré une lampe LED en haut du boîtier. Elle suggère deux coloris (blanc ou rouge) et une intensité modulable. Pour un bivouac ou une sortie nocturne, ce modeste ajout apporte une praticité réelle sans alourdir la montre. C'est le genre de fonctionnalité qui ne modernise rien mais qu'on apprécie vite une fois qu'on y a goûté.

Capteur cardiaque et processeur : les améliorations sous le capot
Le nouveau capteur optique au poignet embarque désormais 6 LEDs contre moins sur l'ancien modèle. La précision de lecture pendant l'effort devrait s'en trouver améliorée, même si sur ce point, les capteurs optiques de poignet restent globalement moins fiables qu'une ceinture cardiaque thoracique pour les efforts intenses. La Vertical 2 intègre également un oxymètre de pouls, utile en altitude.
Le nouveau processeur, lui, change vraiment la donne au quotidien. La navigation entre écrans devient plus fluide, les calculs cartographiques s'exécutent plus rapidement, et la mémoire RAM étendue permet de stocker davantage de cartes hors ligne, d'itinéraires et de fichiers musicaux. Suunto précise que le passage d'un écran à l'autre est désormais nettement plus réactif. Pour ceux qui ont utilisé la V1, c'est une amélioration perceptible dès les premières minutes.
- Capteur cardiaque optique avec 6 LEDs pour une meilleure précision
- Oxymètre de pouls intégré, pertinent pour les courses en altitude
- Processeur plus rapide et mémoire RAM augmentée
- Navigation cartographique plus fluide et stockage étendu (cartes, musique, itinéraires)
Boîtier et bracelet : plus robuste, mieux pensé pour la montagne
49 mm de diamètre, 87 grammes. Le gabarit n'a pas changé, mais la construction a évolué. La première Vertical utilisait un boîtier hybride, mêlant polyamide renforcé et métal. La Vertical 2 passe à un boîtier entièrement métallique avec un fond de montre en métal intégral. Cette évolution renforce la résistance aux chocs et réduit les risques de casse sur des terrains accidentés, ce qui fait une différence réelle pour une montre qui sera bousculée sur des sentiers alpins.
Les cornes d'attache du bracelet ont été redessinées : moins saillantes et plus arrondies, elles s'adaptent mieux à différentes morphologies de poignet et réduisent les irritations sur les longues courses. Le bracelet silicone souple a lui aussi évolué, avec des perforations qui facilitent l'évacuation de l'humidité et accélèrent le séchage après une averse ou un passage à gué. Quand on pense à choisir son équipement pour des courses en montagne, le confort du maintien sur la durée compte autant que les performances techniques de la montre. D'ailleurs, si vous vous demandez comment optimiser vos choix d'équipement sur terrain mouillé, cet article sur les chaussures de course imperméables vs non-imperméables pour la montagne apporte des réponses concrètes.
Le poids reste quasi identique : 86 grammes pour la version acier, 74 grammes pour le modèle titane. La version titane représente un investissement de 100 euros supplémentaires, justifié si le poids au poignet est une obsession pour vous sur des distances très longues.



Cartographie et navigation : une base solide qui ne change pas
C'est le seul domaine où Suunto n'a pas retouché sa copie. Les cartes restent téléchargeables hors ligne via l'application Suunto et couvrent la quasi-totalité du globe avec un niveau de détail élevé : sentiers balisés, relief, hydrographie, points d'intérêt. Pour la navigation active, la montre propose le guidage pas à pas (turn-by-turn), la navigation vers des POI et le fil d'Ariane pour retrouver son chemin en temps réel.
- Navigation fil d'Ariane pour retracer son parcours en temps réel
- Guidage pas à pas (turn-by-turn) sur itinéraires importés
- Cartes hors ligne téléchargeables via l'application Suunto
- Couverture mondiale avec détails sentiers, relief et hydrographie
La création et l'import d'itinéraires depuis l'application restent simples et efficaces. Sur ce point, la Garmin Fenix 8 ou la Garmin Enduro 3 offrent un écosystème cartographique légèrement plus mature grâce à Connect IQ, mais la Vertical 2 n'a pas à rougir pour un usage trail ou montagne classique. Pour de l'itinérance pure, la base cartographique de Suunto fait le travail sans friction.

Fiche technique synthétique
| Caractéristique | Suunto Vertical 2 |
|---|---|
| Poids (acier / titane) | 86 g / 74 g |
| Diamètre boîtier | 49 mm |
| Autonomie GPS max (multi-bandes) | 65 heures |
| Autonomie quotidienne | ~20 jours |
| Type d'écran | LTPO AMOLED |
| Baromètre / alertes météo | Oui |
| Oxymètre de pouls | Oui |
| Version solaire | Non |
| Prix | 599 € (acier) / 699 € (titane) |

Verdict : pour quel profil de trailer la Vertical 2 est-elle faite ?
La Suunto Vertical 2 s'adresse avant tout aux trailers qui courent régulièrement au-delà de 24 heures et qui ont besoin d'une montre robuste, fiable en navigation et capable de tenir deux nuits de course sans rechargement. Sur ces critères, elle tient ses promesses et s'impose comme l'une des rares alternatives crédibles à la Garmin Enduro 3 ou à la Coros Vertix 2.
L'Apple Watch Ultra 2, souvent citée en comparaison, plafonne à environ 36 heures en mode suivi outdoor intensif. Pour un ultra de montagne, c'est simplement insuffisant. La Vertical 2 n'a pas ce problème. Si vous courez des formats inférieurs à 24 heures, d'autres montres moins chères feront très bien l'affaire. Mais si vous fréquentez les ultras alpins, les grands raids ou l'itinérance avec bivouac, investir dans la Vertical 2 à 599 euros reste une décision défendable sur le long terme, surtout avec l'écran AMOLED qui la distingue clairement de ses concurrentes directes sur ce segment.
// Auteur
MilanMilan est journaliste sportif et ancien compétiteur dans la trentaine. Il couvre le running, le trail, le cyclisme et les sports d'équipe avec un regard de terrain et un ton dynamique.
Spécialiste des tests de matériel et de l'analyse de la performance, il allie expérience pratique et rigueur journalistique pour guider les lecteurs. Toujours en tenue outdoor, il rapporte ses essais depuis les sentiers, les routes et les stades.