Salomon a lancé la marque en 1947 à Annecy. Depuis, la firme savoyarde multiplie les itérations sur ses bestsellers, parfois à un rythme qui surprend. La Ultra Glide 2 arrive ainsi assez rapidement après la première version, et la question se pose : vaut-il vraiment la peine de changer ? Spoiler : si tu courais déjà dans la v1, pas forcément. Si tu découvres le modèle, c'est une autre histoire.
Fiche technique : ce que la Salomon Ultra Glide 2 a dans les pieds
Avant d'aller plus loin, voici les données brutes pour comparer les deux versions homme et femme.
| Caractéristique | Version homme | Version femme |
|---|---|---|
| Poids | 260 g | 240 g |
| Hauteur talon | 32 mm | 32 mm |
| Drop | 6 mm | 6 mm |
| Fit | Standard | Standard |
| Prix | 150 € | 150 € |
| Usage recommandé | Ultras, sentiers compacts | Ultras, sentiers compacts |
150 euros, c'est le tarif standard pour ce segment. La Hoka Clifton Edge trail ou la New Balance Fresh Foam X More Trail gravitent dans la même fourchette. Rien d'extravagant donc, surtout pour une chaussure pensée pour les très longues distances.

Un amorti maximaliste qui fait la différence sur les longs formats
C'est là que la Ultra Glide 2 se distingue vraiment de la gamme Salomon. La mousse Energy Foam du midsole est conservée à l'identique par rapport à la première version : épaisse, légère, elle génère un rebond doux et généreux. Franchement, pour un ultra de 100 km sur des pistes compactes, peu de chaussures Salomon rivalisent avec ce niveau de confort sous le pied.
Le stack de 32 mm au talon place la Ultra Glide 2 clairement dans le camp maximaliste, loin des profils racés de la gamme S-Lab ou de la Pulsar Trail Pro. Ce n'est pas un défaut, c'est un choix délibéré. Le double rocker (incurvation avant et arrière de la semelle) amplifie le déroulé naturel de la foulée, du médio-pied vers l'avant. La bascule est fluide, l'amorti bien réparti sur toute la longueur. Les coureurs lourds ou ceux qui cherchent à préserver leurs articulations sur des courses longues apprécieront particulièrement cette philosophie.


Semelle externe : accroche correcte, mais terrain compact obligatoire
La technologie All Terrain Contagrip équipe le dessous de la chaussure. Le nom fait rêver, la réalité est plus nuancée. Les crampons mesurent 3,5 mm, avec une zone centrale dépourvue de picots. Sur piste sèche et sol compact, l'adhérence suffit largement. Dès qu'il pleut, que le sentier devient gras ou que les rochers apparaissent, la grip montre ses limites très rapidement.
- Excellente adhérence sur sols durs et compacts (chemins forestiers, routes stabilisées)
- Comportement limité sur terrains humides ou boueux
- Stabilité insuffisante sur sections rocailleuses et techniques
- Petites encoches dans la semelle pour gagner en respirabilité et en flexibilité
Si ta pratique oscille entre routes et sentiers de moyenne montagne sans trop de technicité, cette chaussure fonctionnera. Pour aller plus loin dans la réflexion sur le choix entre variées constructions selon les conditions, la question de chaussures imperméables versus non-imperméables pour les courses en montagne mérite vraiment qu'on s'y attarde. La Ultra Glide 2 non imperméable convient à des conditions sèches ou semi-techniques, point.


L'empeigne enfin améliorée : le vrai changement de cette version 2
La v1 avait un point faible : la durabilité de la tige. Salomon a visiblement entendu les retours. Le nouveau mesh technique de la Ultra Glide 2 gagne en résistance tout en perdant quelques grammes, ce qui explique en partie le léger différentiel de poids entre les deux générations. C'est une évolution bienvenue.
La protection est également renforcée. La bande protectrice sur la partie basse de la tige a été élargie et consolidée. De petites bandes supplémentaires ont été ajoutées plus haut pour mieux défendre le pied contre les frottements et les chocs latéraux. Honnêtement, la chaussure reste peu protectrice dans l'absolu : inutile de l'emmener sur des sentiers très techniques ou pierreux. Mais pour son usage cible, c'est suffisant.
Les deux grosses ailettes latérales, reliées au système de laçage Quicklace, sont reconduites sans modification. Elles structurent l'empeigne au niveau du médio-pied et améliorent le maintien latéral. La languette épaisse et le laçage rapide complètent le tableau, inchangés eux aussi.


Pour quel type de coureur et quels usages ?
La Salomon Ultra Glide 2 cible un profil précis. Ce n'est pas une chaussure pour tout le monde, mais pour certains coureurs, elle coche toutes les cases.
- Coureurs préparant des ultras sur terrains roulants (100 km, 100 miles sur pistes)
- Athlètes à la recherche d'un maximum de confort en entraînement sur longues sorties
- Coureurs plus lourds cherchant à préserver leurs articulations sur de longues distances
- Pratiquants du trail non technique, en plaine ou sur chemins de vaste randonnée balisés
Je la déconseille franchement sur des formats courts et dynamiques, des courses avec du dénivelé technique ou des terrains variés et humides. La Speedcross 6 ou la Sense Ride 5, toujours chez Salomon, sont bien plus adaptées à ces contextes.



Ce que la Ultra Glide 2 ne dit pas encore dans ses fiches produit
Un point rarement évoqué : la durée de vie de la mousse. Les mousses maximalistes épaisses et souples ont tendance à se tasser plus vite que les compounds fermes. Sur un modèle à 150 euros utilisé intensément en ultra, surveille l'état du midsole après 600-700 km. La sensation d'amorti peut se dégrader notablement avant que la semelle externe ne montre des signes d'usure visibles. C'est un réflexe à adopter avec toutes les chaussures maximalistes, pas seulement celle-ci. Teste régulièrement en posant la chaussure sur une surface plane et en observant si la déformation du midsole reste symétrique. Un amorti asymétrique fatigue les tendons, silencieusement.
// Auteur
MilanMilan est journaliste sportif et ancien compétiteur dans la trentaine. Il couvre le running, le trail, le cyclisme et les sports d'équipe avec un regard de terrain et un ton dynamique.
Spécialiste des tests de matériel et de l'analyse de la performance, il allie expérience pratique et rigueur journalistique pour guider les lecteurs. Toujours en tenue outdoor, il rapporte ses essais depuis les sentiers, les routes et les stades.